Lambert Lorrain/ Droit commercial, politique et KPMG

Lambert est conseiller principal au sein du groupe Services-conseils de KPMG à Montréal. Il a obtenu une licence en droit et un Juris Doctor de l’Université d’Ottawa. Après être devenu membre du Barreau du Québec en 2016, il a exercé la pratique du droit au sein d’un cabinet de litige commercial avant de rejoindre le gouvernement du Québec, où il a intégré le cabinet du président du Conseil du trésor à titre de conseiller responsable des dossiers liés aux infrastructures et au numérique. Lambert rejoint par la suite le cabinet du ministre des Finances à titre de conseiller responsable des dossiers liés au développement économique et à l’analyse de données macroéconomiques. Lambert rejoint KPMG Montréal à l’automne 2018.

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Que faites-vous en ce moment ? Décrivez votre travail/pratique.

 

Je suis présentement conseiller principal au sein de l'équipe Services-conseils, Stratégie chez KPMG Montréal. Essentiellement, je procède à des analyses stratégiques (études de marché, analyses de politiques publiques, etc.), notamment pour des gouvernements ou des organismes paragouvernementaux. Je ne pratique plus le droit, mais je demeure membre du Barreau et ma formation constitue un atout lorsque je travaille sur des questions de règlementation ou de politiques publiques.

 

Avez-vous toujours imaginé que vous iriez en droit ?

 

Non, pas forcément. Je ne me prédestinais pas à la carrière d'avocat. J'ai considéré d'autres domaines, mais j'ai finalement opté pour le droit, puisque c'est une formation qui permet d'ouvrir davantage de portes. J’ai choisi l’université d’Ottawa pour le double diplôme droit et développement international, mais après ma première année en droit, j’ai décidé de laisser tomber le développement international pour plutôt faire le programme de J.D. après la licence en droit civil.

 

À quel moment avez-vous réalisé que vous vouliez prendre un parcours atypique ?

 

La pratique du droit m’a beaucoup appris et j’ai eu la chance de travailler avec des professionnels très compétents, mais j’ai toujours eu un intérêt marqué pour la politique. Après avoir effectué mon stage en litige et pratiqué quelques mois, j’ai eu l’opportunité d’intégrer le cabinet de M. Carlos Leitao comme conseiller politique, alors qu’il occupait à la fois la fonction de président du Conseil du trésor et ministre des Finances du Québec. Sans rien enlever à la pratique du litige, j’ai réalisé que les enjeux liés à l’action gouvernementale m’interpellaient davantage.  

 

Qu’avez-vous fait et quelles opportunités avez-vous pris(e) pour vous rendre ou vous vous trouvez maintenant ?

 

Lorsque je suis entré en politique en 2016,  j’ai d’abord intégré l’équipe du Conseil du trésor, pour ensuite rejoindre celle des Finances, où je suis resté jusqu’aux élections provinciales d’octobre 2018. Par la suite, j’ai décidé de faire le saut en consulting, puisque c’est un domaine dynamique qui me permet de mettre en valeur plusieurs des compétences que j’ai acquises à la fois dans la pratique du droit et la politique, et qui offre une pratique très diversifiée en termes d’enjeux, de clientèles et de mandats.

 

Pourquoi votre carrière est-elle atypique à vos yeux ?

 

Mon passage en politique n’est pas atypique dans la mesure où les avocats y sont nombreux, que ce soit en tant que personnel de cabinet ministériel ou comme élus. Par contre, en consulting, les avocats sont définitivement rares – mes collègues ont généralement un background en finance, en ingénierie, en comptabilité ou en économie. Mon parcours peut détoner, mais je suis reconnaissant à KPMG d’avoir su reconnaître les avantages qu’il peut apporter.

 

Y’a t’il quelqu’un dans votre vie qui a servi comme mentor ou qui vous a aidé à réaliser vos objectifs ? Une inspiration quelconque ?

 

Cela peut sembler cliché, mais à chaque étape de mon parcours académique ou de ma carrière, j’ai heureusement eu la chance d’avoir des proches, des collègues ou des patrons qui m’ont amené à me dépasser et à donner le meilleur de moi-même.

 

Qu’est ce que vous avez aimé de vos études en droit ?

                                                             

La formation en droit est très utile, en ce sens qu’elle amène à développer une certaine rigueur intellectuelle. Toutefois, je dois dire que les meilleurs souvenirs que je garde de mes années en droit sont liés aux gens que j’ai rencontrés à l’université et aux amitiés que j’y ai développées. Mes études m’ont également amené à effectuer un stage de plusieurs mois au Tribunal pénal pour le Rwanda, situé en Tanzanie, qui fut une expérience exceptionnelle.

 

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Qu’est-ce qui vous plaisait moins en droit ?

 

Je n’ai malheureusement jamais eu beaucoup de patience ou d’intérêt pour tous les cours liés à la procédure…

 

Quels obstacles avez-vous eu à surmonter dans la transition du droit à la profession ?

 

De manière généralement, je trouve que la formation universitaire prépare peu à la réalité de la pratique comme avocat. La courbe d’apprentissage peut se révéler assez intense, surtout pour ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de travailler comme étudiants au sein d’un cabinet ou autre avant d’effectuer leur stage du Barreau.

 

Voyez-vous encore le droit dans votre quotidien ?

 

Indirectement, lorsque je travaille sur des enjeux de règlementation ou de politiques publiques.

 

Quels conseils donneriez- vous à un étudiant en première année ?

 

C’est évidemment très important de se concentrer sur ses études et d’avoir de bonnes notes afin de ne pas se fermer de portes plus tard. Toutefois, c’est tout aussi important de s’impliquer dans une association étudiante, de faire des stages dans des domaines variés, de participer à des concours de plaidoirie mais surtout d’essayer de découvrir ce qui vous intéresse réellement, et de garder du temps pour ses passions à l’extérieur du droit.

 

Si vous aviez une heure de plus dans la journée à faire ce qu’il vous plairait, que feriez-vous ?

 

Probablement passer plus de temps à lire pour le plaisir.

 

Avez-vous des regrets ?

 

Aucun. Même si je ne pratique plus le droit, je n’hésiterais pas suivre le même parcours si c’était à refaire.

The Lawfully Uncommon initiative is supported by the McGill Career Development Office.