Catherine Audet// Attachée de presse à conseillère en relations publique

Avant de faire son entrée au Cabinet de relations publiques NATIONAL de Québec en novembre 2018, Catherine W. Audet œuvrait au sein du Gouvernement du Québec à titre d’attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux. Ses fonctions l’ont amenée à jouer un rôle clé dans la gestion de crises et dans l’élaboration de stratégies. De 2015 à 2018, Catherine a occupé plusieurs fonctions au sein de différents cabinets ministériels. Ses passages au ministère des Transports, au ministère de l’Économie et au ministère de la Santé lui ont permis d’acquérir une connaissance aiguisée de l’appareil gouvernemental québécois. Forte d’un parcours universitaire en droit, ses études lui ont permis de développer rigueur, logique et esprit de synthèse, en plus de lui apporter des aptitudes de négociation solides ainsi que des techniques d’argumentaires efficaces et méthodiques. Le travail sous pression ne lui fait pas peur. Reconnue pour son esprit analytique et son approche distinctive, elle saura vous accompagner dans vos divers projets, qu’importe le contexte. Sa grande capacité d’adaptation forgée par les nombreux rebondissements que le monde politique peut offrir, Catherine saura apporter une vision claire et concise à vos besoins.

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Que faites-vous en ce moment ? Décrivez votre travail/pratique. 

 

Je viens de commencer comme conseillère en relations publiques au Cabinet de relations publiques NATIONAL. J’étais en politique juste avant. Les libéraux ont perdu le 1er octobre donc j’ai  du même coup perdu mon emploi. J’ai été chanceuse de trouver quelque chose si rapidement. Ce que je fais en ce moment, ça ressemble à mon travail d’avant. Je fais beaucoup de gestion de crise, beaucoup de conseil de relations publique et d’image pour des entreprises, je fais du placement médias aussi. C’est une pratique assez variée. 

 

Avez-vous toujours imaginé que vous iriez en droit ?

 

Oui ça faisait très longtemps que je savais que je voulais faire mon bac en droit. Dès le secondaire, je voulais être notaire. J’ai fais mon bac en droit, j’ai commencé et presque terminé ma maitrise en droit notarial. Je ne suis pas allé chercher mon titre. J’ai arrêté au bout d’un an. 

 

À quel moment avez-vous réalisé que vous vouliez prendre un parcours atypique ? 

 

J’ai réalisé à l’université que la course aux stages ne me parlait pas.  Ça ne m’a jamais intéressé. C’était pas du tout un but et je ne voulais pas faire mon barreau. J’avais l’impression que je ne voulais pas faire comme les autres. C’est pour ça que je m’en allais en droit notarial. Je viens de la Gaspésie et je trouvais que c’était une belle pratique en région parce que c’est très varié. Si jamais je voulais retourner dans ma région natale, ça m’ouvrait une porte en plus. 

Quand j’ai commencé la maitrise, j’ai vu que ce n’était pas ma place. J’avais travaillé au contentieux chez Industrielle Alliance. J’avais vraiment aimé. Je faisais beaucoup de conformité règlementaire et ça laissait plus de place à une pratique moins traditionnel du droit. J’aimais vraiment ça, c’était quelque chose que je me voyais faire. 

 En notariat, les gens avec qui j’étudiais savaient qu’ils voulaient être notaires, qu’ils voulaient des enfants l’année d’après et moi je n’étais pas du tout là dans ma vie. Ça a eu un impact sur mes résultats académiques. La motivation n’était pas là non plus. Ça m’a pris trop de temps pour le comprendre. En même temps, je pense que je devais avoir ce temps pour que j’allume et que je réalise que c’était vraiment pas pour moi. J’ai pas été heureuse cette année la. Je pense que c’est pendant cette maitrise que je me suis dit que peut être le droit pouvait m’ouvrir d’autres portes. 

 

Qu’avez-vous fait et quelles opportunités avez-vous pris(e) pour vous rendre ou vous vous trouvez maintenant ?

 

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J’ai rencontré une avocate quand j’étais chez Industrie Alliance qui avait travaillé en politique. Elle m’a pris sous son aile, elle me disait qu’elle me voyait faire ça et que j’aimerais ça. Je dois avouer que même si j’avais une connaissance très minime des rouages la politique provinciale, c’est quelque chose qui m’a toujours attiré. J’ai toujours suivi les actualités de très près. J’ai toujours eu une certaine culture générale à ce sujet. Sa sœur était encore en politique, elle était directrice des communications au cabinet du ministre des transports. Quand j’ai arrêté ma maitrise, j’ai pris une pause pour réfléchir à ce que je voulais faire ensuite. 

Du jour au lendemain, sa sœur m’a appelé, c’était un 1eroctobre. J’avais arrêté mes études depuis mai. Elle m’a demandé si je cherchais encore un travail. L’attaché de presse s’en allait faire une élection partielle. C’était le plus beau jour de ma vie. Je me suis dit « Oh mon Dieu on m’offre une job sur un plateau d’argent et ça m’intéresse ! » Je suis allée passer l’entrevue et le lendemain on m’a dit que je commençais le lundi.  J’ai commencé comme attaché de presse adjointe au cabinet du ministre des transports. 

C’est ce qui m’a permis d’être ou je suis aujourd’hui et d’accepter une offre d’emploi dans un domaine où j’étais très néophyte. Je ne connaissais rien sur les travaux parlementaires ! Je connaissais un peu le conseil des ministres par culture générale. Je suis arrivée un lundi matin en ne sachant pas du tout comment marchait la machine gouvernementale au Québec, et ça c’est assez complexe à comprendre. 

Ce qui m’a permis d’être où je suis aujourd’hui ça m’a permis d’embarquer dans quelque chose que je connaissais pas du tout par soif de défi et parce que d’une certaine manière, j’essayais de me trouver professionnellement. 

 

Pourquoi votre carrière est-elle atypique à vos yeux ?

 

Tout ce que j’ai appris pendant mon bac en droit (je ne veux pas généraliser, je parle ici de mon opinion), c’était qu’il y avait des avocats ou des notaires. Oui il y avait différents types de droit mais la chose la plus originale que j’ai entendu c’est le droit de l’enfance et on s’entend qu’encore là c’est assez traditionnel comme pratique. 

 Mon parcours est atypique parce que j’ai juste mon bac, j’ai pas de titre. Je trouve ça le fun de prouver aux gens t’as pas besoin de titre pour avoir une belle vie professionnelle. C’est pratique et très honorable de l’avoir, je ne dis pas aux gens « n’allez pas chercher votre titre ». 

Je dis juste qu’on a pas nécessairement besoin d’être absolument avocat ou notaire après le bac pour avoir une carrière passionnante et variée. En politique, j’ai gravis les échelons assez rapidement. J’ai commencé attaché de presse adjointe, j’ai monté attaché politique et j’ai finis attaché de presse de Monsieur Gaétan Barette, ministre de la santé et probablement la personne la plus médiatisée de gouvernement depuis très longtemps. 

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Mon bac m’a tellement servi grâce aux réflexes qu’on développe. On développe le réflexe de répondre à une question directement, on prend conscience du poids des mots, de l’importance de la clarté des réponses qu’on donne, des impacts de certaines explications. Avoir un fond de légal c’est jamais mauvais selon moi.  

Parfois au ministère de la santé j’avais des situations ou je me demandais si on pouvait faire telle ou telle chose. C’était pas nécessairement une question juridique mais pouvoir se référer à une loi pouvait nous aider à répondre à une certaine situation. Le bac en droit a été le bac le plus utile que j’aurais pu faire et avoir en étant en communications publiques et en politique. 

 

Y’a t’il quelqu’un dans votre vie qui a servi comme mentor ou qui vous a aidé à réaliser vos objectifs ? Une inspiration quelconque ?

 

Tous mes patrons en politique ont été des mentors. Je pense que le fait que ces gens croyaient en moi et en mes capacités m’ont fait croire en moi. Si on pense que je peux le faire, je vais le faire mais peut-être que je ne le ferais pas de moi-même si on ne me donnait pas la poussée. Les trois politiciens avec qui j’ai travaillé m’ont légué leur confiance. 

L’avocate que j’avais rencontré chez Industrie Alliance qui m’a mis l’idée dans la tête que la politique pourrait quelque chose de bien pour moi. Je ne la remercierai jamais assez d’avoir croisé mon chemin. C’est grâce à elle que je suis ou je suis aujourd’hui. 

 

Qu’est ce que vous avez aimé de vos études en droit ?

 

J’ai aimé la chimie entre les étudiants parce qu’on était toujours ensemble. On avait les mêmes cours en première année. À Ottawa, c’est une plus petite faculté donc on est encore plus toujours ensemble. J’ai adoré mes cours, je suis une fille de concret. J’ai appris plein de choses utiles qui me servent encore aujourd’hui et dont je me souviens. Je me souviens encore de quelques dispositions du Code Civil que je n’oublierai jamais parce qu’ils nous les ont tellement répétés. J’ai aimé le contenu des cours, pas tous les cours mais la plupart des cours en droit civil. 

 

Qu’est ce qui vous plaisait moins en droit ?

 

L’esprit de compétition pouvait être malsain. Y’a pas juste la course aux stages mais des fois quand tu disais que ça te n’intéressait pas ou t’avais pas les notes, tu pouvais te faire juger comme étant une personne qui allait moins bien réussir sa carrière. Je trouve ça « poche » l’esprit de compétition en droit et c’est présent pour rien du tout. Je trouve aussi que les gens qui vont en grand cabinet, c’est pas tout le monde qui est fait pour ça et ils se rendent compte rendu la qu’ils ne sont pas nécessairement heureux à faire autant d’heures et à juste travaillé mais avoir une grosse carte d’affaire. 

Le fait qu’au bac, on nous montre qu’on peut être avocat ou soit notaire. J’ai jamais eu un prof qui a eu un parcours si ce n’est que des maitrises dans des grandes universités, de grosse job, de gros stages. Je ne les méprise pas,et je trouve ça vraiment impressionnant et admirable, mais c’est une réalité pour moi de ne pas avoir rencontré des mentors avec un parcours atypique dans mon BAC. 

  

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Quels obstacles avez-vous eu à surmonter dans la transition du droit à la profession ?

 

C’est dur de retrouver ses repaires quand on sort d’une mentalité tellement conservatrice et libérale qu’est celle du bac en droit. Ce que j’ai trouvé difficile c’est la liberté qu’y m’était offerte dans un autre domaine. Aujourd’hui, chez NATIONAL, je dois utiliser beaucoup de créativité et d’idées, je dois « pimper » des communiqués, des plans, des stratégies. Il faut sortir du moule, il faut mettre en effet wow sur ces choses-là. Malgré le fait que j’ai de l’imagination, je suis assez frileuse à « m’extravertir » là-dessus. J’ai une base d’études qui est tellement plus by the book. Après le bac en droit, on pense trop blanc ou trop noir. 

 

Voyez-vous encore le droit dans votre quotidien ?

 

Oui, toujours. J’ai des gestions de crise ou il y a des ordonnances à la cour, des injonctions, des poursuites… Je faisais souvent référence aux lois en santé et en transport, avec les PME. On voit le droit partout au quotidien dans ma nouvelle pratique. 

 

Quel conseils donneriez- vous à un étudiant en première année ?

 

Ça dépend comment ils voient leur bac en droit. Si des étudiants en première année se questionnent à savoir « Est ce que je fais vraiment mon bac en droit ? Un autre bac ? Est ce que je veux aller chercher un titre ? » Toute ces questions sont tout à fait normales. Je souhaite qu’ils poussent ce questionnement encore plus loin de façon saine sans trop se remettre en question. Je pense vraiment que ce bac sert à quelque chose et forge la base d’une carrière chez une personne.  Après le bac, si tu veux faire une maitrise en totalement autre chose, fais le. 

Moi je voulais faire maitrise en gestion aux HEC. Je l’ai longtemps regretté. C’est sur que si je l’avais fait je ne  serait peut-être pas ou je suis aujourd’hui mais c’est quand même quelque chose que j’aurais voulu faire. 

Je leur dirai d’explorer les à-côtés du droit, les professions non conventionnelles du droit comme votre association essayent de montrer. La vie c’est aussi ça, c’est de faire son propre chemin et de s’inspirer du parcours d’une personne qui n’a pas du tout suivie le chemin d’un étudiant typique en droit après mais qui a réussi quand même et qui est super heureux dans un tout autre domaine. 

 

Si vous aviez une heure de plus dans la journée à faire ce qu’il vous plairait, que feriez-vous ?

 

Mon rêve le plus fou ce serait de finir le travail et d’avoir tout mon stock de ski avec moi, aller faire des descentes de ski et aller souper et continuer ma soirée. Si j’habitais à côté d’un centre de ski c’est ce que je ferais.  Sinon, je m’entrainerais plus souvent. Je fais beaucoup de jogging par passion et j’en ferai plus dans ma semaine.  

  

Avez-vous des regrets ? 

 

Je trouve ça difficile de répondre à cette question. Je regrette de ne pas être aller faire ma maitrise aux HEC en gestion mais si  je l’avais fait, je ne serais pas ou je suis en ce moment. Je suis très fière du parcours que j’ai fait dans les quatre ans après mon bac. J’ai vraiment eu un début de vie professionnelle exaltant. En quatre ans, j’ai mis dans mon CV des choses dont je suis vraiment fière. J’ai travaillé super fort. La politique c’est bien pour ça, on apprend à travailler fort. Je suis contente de l’avoir fait. Ça m’a aidé à trouver ma nouvelle job plus facile. Ça m’a donné un coté plus travaillant que j’avais moins avant. C’était naturel de faire autant d’heures. Je ne peux pas dire qu’il y ait quelque chose que je regrette dans mon parcours. Je peux dire que je regrette d’avoir faite une maitrise en droit notarial parce que ça a été une année difficile sur le moral, je ne me sentais pas à ma place. Je viens d’un monde où on finit tout ce qu’on commence mais j’ai compris que la vie marche pas toujours comme ça. Je ne peux pas regretter de m’être trompée car je ne serais pas ou je suis aujourd’hui. 

The Lawfully Uncommon initiative is supported by the McGill Career Development Office.